26/09/2010

Achmat Dangor incite fortement les jeunes à « libérer leur imagination » et à rejeter le pessimisme concernant le futur de l’Afrique et du monde.

Achmat Dangor, durante su presentación en la ULPGC.

Achmat Dangor, durante su presentación en la ULPGC.

L’écrivain sud-africain Achmat Dangor a décidé de profiter ce matin de la Salle Polyvalente de la Faculté de Formation de Professeurs de l’Université de Las Palmas de Gran Canaria pour lancer un message optimiste aux élèves qui remplissaient la salle. « Nous avons tendance à penser que le continent africain est condamné à l’échec, et il est vrai qu’il y a la guerre, la pauvreté et les maladies, mais il y a aussi du progrès. Nous devons nous rappeler le passé, mais sans nous laisser emprisonner par lui, et nous devons libérer notre imagination » a affirmé l’auteur, président de la Fondation Mandela et membre important du programme Letras Africanas de Casa África, qui lui faisait aujourd’hui rencontrer un public étudiant dans la capitale de Gran Canaria. « Pensez à ce que vous pouvez faire pour rendre le monde meilleur » a recommandé Dangor, avant d’insister sur le fait que le passé est important et qu’il faut s’en souvenir, mais également qu’il ne faut pas le laisser déterminer la forme que prendra notre avenir.

Achmat Dangor a expliqué devant environ 400 auditeurs, qu’après son passage au Salon International du Livre Africain (SILA) et sa participation avec d’autres intellectuels à un débat sur les indépendances du continent, il avait décidé d’écarter son texte de conférence de huit pages, méticuleusement tapé et intitulé The silence of my kind (Le silence des miens), pour le remplacer par une discussion franche, sur un ton plus informel et détendu qui aurait pu s’intituler My hope for Africa (Mon espoir pour l’Afrique). « Il est temps de commencer à penser différemment à ce que nous pouvons faire. L’Afrique en est capable et le changement viendra des gens les plus jeunes et ouverts aux idées neuves, qui ne fonctionnent pas en termes de race ou de nationalité, qui regardent l’humanité de l’autre. La littérature est puissante de ce point de vue », a-t-il expliqué.

Dangor a dévoilé ses origines et l’histoire de sa famille pour expliquer sa passion pour la littérature et comment il est finalement devenu l’étranger de Camus. « Je suis issu d’une lignée matriarcale provenant de Hollande et d’Indonésie et d’une lignée patriarcale originaire d’Inde, et j’ai grandi avec ma grand-mère qui s’était convertie à l’Islam en se mariant avec mon grand-père et était plus conservatrice que lui.  J’ai donc grandi dans un foyer musulman », a-t-il anticipé avant d’affirmer que ce qui l’avait sauvé d’un environnement oppressif dû à une conception fondamentaliste de la religion, était les livres. « À l’école où je suis allé, on m’a initié à la littérature. À la maison, je lisais quand personne ne me voyait. Je lisais jusqu’à l’endormissement ou quand les autres dormaient et je lisais de tout, des contes de fées à Camus ou Hemingway. Un imam m’a battu quand il a découvert un exemplaire de L’étranger dans mon sac à dos », s’est-il souvenu ; il a ensuite critiqué la vision du monde fondée sur la différence entre le bien et le mal ou le noir et le blanc et n’acceptant pas ce qui existe entre les deux. « La littérature m’a aidé à accéder à un monde bien plus vaste », a affirmé Dangor, qui s’est échappé à dix-huit ans de chez ses grands-parents pour aller s’installer dans la ville du Cap et écrire son premier roman, Waiting for Leila (En attendant Leila). « Je me suis affranchi de ma société et suis devenu l’étranger », a achevé l’auteur.

Achmat Dangor a aussi évoqué la période de la lutte contre l’Apartheid et l’activisme exercé à travers l’écriture. « Je ne crois pas qu’on puisse réduire la littérature en esclavage, même pour une noble cause », a-t-il affirmé en décrivant les années durant lesquelles il a tenté de changer les mots en balles pour en finir avec le ségrégationnisme, sans y parvenir.

Achmat Dangor a écrit de remarquables romans de fiction, des rapports sur le développement et des documents qui font mention du racisme et des races, pour l’éradication de la pauvreté et en faveur du développement communautaire. Trois de ses romans (Trilogie de Z Town, La malédiction de Kafka et Fruit Amer) ont été publiés en Espagne. Trilogie de Z Town a été le premier livre de la ligne éditoriale de Casa África en collaboration avec El Cobre El Aleph, dédiée à la littérature africaine de référence.

 

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